Le Centre culturel tel qu'imaginé par le décret de 1970 n'est pas l'unique instrument des politiques culturelles en Belgique mais il est l'un des meilleurs outils de démocratie culturelle. En ces temps de crise de la société et de la démocratie représentative, de perte de confiance en nos politiques et de manque d'engagement d'acteurs citoyens et critiques, le Centre culturel est un excellent modèle institutionnel : il est le lieu du débat, du lien et de la confrontation entre le tissu associatif, les citoyens et les politiques. Il est l'espace de rencontre où chacun peut se réapproprier sa – une forme de culture, où différents groupes de la population développent leurs projets culturels en concertation et dans les formes les plus variées. Les années 70 ne sont plus celles d'aujourd'hui. Les conditions de réussite et de poursuite de cet esprit fondateur reposent sur quelques principes clés : le respect de cette vision par les politiques locaux et régionaux, une conscience politique et une professionnalisation des acteurs culturels eux-mêmes au coeur du processus, un suivi pédagogique des bénévoles impliqués dans les instances telles que le Conseil d'administration et le Conseil culturel, et une évolution majeure des préoccupations vers des enjeux plus actuels. Le Centre culturel est, par sa polyvalence, un des seuls lieux qui peut encore offrir des processus créateurs de type long qui correspondent au mieux aux acteurs, aux habitants, aux artistes d'un territoire et qui entraînent même une réelle transformation sociale à long terme. Et pas seulement les populations dites « défavorisées » mais également les classes intermédiaires susceptibles d'être attirées par des formes larvées de fascismes prometteuses de sécurité, gage de sauvegarde du bonheur1. La participation et la production culturelles amènent une série de modifications et de prises de conscience vers un engagement citoyen plus élargi. Si aujourd'hui encore plus qu'hier, ces espaces d'ouverture, de création et de débat ont du sens à être maintenus, renforcés, encadrés, incités, ils doivent progressivement s'adapter aux changements sociaux et technologiques d'aujourd'hui et de demain pour rester des outils pertinents adaptés aux sensibilités et réalités actuelles.

 

Une analyse de Nadège Albaret, Animatrice et Formatrice chez Présence et Action Culturelles 

 

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1454 après J.-C. Dès l'annonce de l'impression de la première Bible, des centaines de moines copistes manifestent devant le domicile de Johannes Gutenberg. Ils dénoncent une concurrence déloyale et une menace pour leur métier. À cause de l'imprimerie, des milliers de moines se trouveront désormais désoeuvrés et l'Église perdra son monopole sur le savoir chrétien. Le Pape use alors de son influence sur le Saint-Empire germanique pour interdire totalement l'imprimerie, ce qu'il obtient.
Inutile d'ouvrir les livres d'histoires, ce scénario est bien évidement une fiction. Il appelle cependant à la réflexion : quelle serait l'étendue de notre savoir, de notre culture, l'organisation de nos sociétés, si l'imprimerie n'avait jamais pu se développer et avait été restreinte, voire même interdite ?

 

Une analyse du Collectif de membres de la NURPA (Net Users' Rights Protection Association)

 

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Au cours de ces 40 dernières années, le paysage musical classique a subi de profondes modifications et ce, grâce à la grande diversité des intervenants, à leur pugnacité, leur créativité. Après les sociétés de concerts, dans les années 60 émergent et se développent des institutions prestigieuses comme les orchestres symphoniques et une maison d'opéra. Parallèlement à cela, l'enseignement musical se démocratise par le biais des académies de musique accessibles à tous. Elles seront bientôt au nombre de 115, réparties dans toute la Communauté française. Les Conservatoires royaux quant à eux regorgent d'étudiants qui, sans trop d'encombre à l'issue de leurs études, trouvent du travail. L'enseignement général fait lui aussi la part belle à l'intégration des cours de musique donnés par des spécialistes détachés des académies en horaire de jour. L'ensemble de la population est ainsi irriguée par la musique classique, ce qui a pour effet un essor considérable en termes d'emplois et une fréquentation importante et naturelle des concerts.

 

Une analyse de Patricia Wilenski, Adjointe à la direction du Centre d'Art Vocal et de Musique Ancienne

 

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On a souvent tendance, dans l'opinion, à assimiler toute politique culturelle d'abord à une question d'accès. L'accès le plus démocratique possible aux diverses formes de culture. Il est vrai qu'au-delà des partis et des coalitions au pouvoir, il y a toujours eu cette mission première d'une culture qui puisse être offerte au plus grand nombre. Cela suppose, dans l'audiovisuel et le cinéma en particulier, tout un travail sur la promotion des oeuvres, sur la manière de les porter à la connaissance des publics. En Communauté française, nous n'en sommes heureusement plus au stade du constat (celui, lancinant, que nos films s'exportent magnifiquement, écument les Festivals les plus prestigieux, mais ne rencontrent pas notre propre public). Des réponses nouvelles, en concertation avec le secteur, sont prises actuellement pour inverser cette méconnaissance (dont, dernièrement et parmi d'autres initiatives, les Magritte du Cinéma belge francophone).

 

Une analyse de Luc Jabon, Président du Comité belge de la SACD

 

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Les années 70, c'est le temps glorieux de la réalisation de certaines utopies et des idéaux de gauche avec - notamment – la naissance de l'éducation populaire et sa reconnaissance par les pouvoir publics. C'est l'époque d'une certaine déficience du cinéma et de la critique des grands médias. C'est l'époque qui voit naître la vidéo en Belgique. La vidéo n'est plus uniquement un outil mais devient un mode d'écriture à part entière. On quitte progressivement l'amateurisme et le bricolage individuel des caméras légères, du portapak à bandes ½ pouce noir et blanc et du montage manuel pour s'immerger dans ce qui deviendra l'« âge d'or » de la production audiovisuelle. La vidéo s'institutionnalise et se professionnalise. Le monde associatif prend directement conscience de l'enjeu primordial de démocratiser son accès au plus grand nombre et de décoder, d'analyser le sens des images et du son. Et le Gsara de naître – avec d'autres – en 1977 pour répondre à ces besoins.
Aujourd'hui, 40 ans plus tard, la révolution numérique, l'Internet, les réseaux sociaux, les technologies collaboratives, les logiciels Open Source, les Wikipédia, les blogs, sont à l'origine de nouveaux comportements culturels et sociaux. Et l'amateur d'être remis à nouveau à l'honneur.

 

Une analyse de Renaud Bellen, Directeur du GSARA (Groupe socialiste d'Action et de réflexion sur l'Audiovisuel)

 

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L'attaque de Gaza de 2008-2009 a détruit des maisons, des écoles, des universités, des hôpitaux, des ministères, des ponts, des routes, des puits, des canalisations, des égouts, des mosquées et des maisons particulières. L'UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees), l'organisation des Nations-Unies chargées des réfugiés palestiniens (70% de la population de Gaza), a budgétisé la reconstruction mais rien n'avance. La raison ? Le béton, les tiges métalliques, les châssis etc. sont interdits d'entrée par les autorités israéliennes. Ce qui vaut pour une organisation dépendante de l'ONU vaut à plus forte raison pour le gouvernement Hamas de Gaza. Et aussi pour tous les particuliers. C'est donc la débrouille. L'UNRWA a reconstruit quelques maisons en terre, suivant des procédés anciens. Elle a refait des murs avec les débris des bâtiments détruits. Certaines canalisations d'égouts ont été refaites de la même manière. Le même problème se pose quand il faut réparer des machines, des pompes à eau ou tout autre matériel : les pièces de rechange sont exclues de la liste des biens qui peuvent entrer à Gaza.

 

Une analyse de Marianne Blume, Coopérante APEFE à Gaza, chargée de mettre sur pied une filière de français à L'Université El-Azhar 

 

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