Dans le cadre du Festival des Libertés, Présence et Action Culturelles, en collaboration avec Philosophie Magazine, vous convie à une rencontre animée par Martin Legros, rédacteur en chef de Philosophie Magazine.

LA CRISE INFINIE
De l’économie à la philosophie et vice versa

Mardi 23 octobre à 20h30

Depuis la fin du XIXe siècle, la philosophie se dit en crise car elle a du déchanter des espoirs placés en la raison ou dans les grands systèmes philosophiques. Nombre de philosophes ont annoncé la fin de la philosophie et ne cessent d’écrire des livres de philosophie à ce sujet. Depuis la fin des trente glorieuses, on nous dit que l’économie est en crise. Et l’on ne cesse de relancer l’économie et de faire confiance aux économistes. La crise d’un système serait-elle le plus sûr moyen de sa perpétuation ?

Avec Olivier Mongin (philosophe, directeur de la revue Esprit  et, e.a., de l’ouvrage Un Monde désenchanté ?) et Philippe Van Parijs (philosophe, économiste, auteur e.a. de Le Modèle économique et ses rivaux).

Théâtre National 111 – 115, bd. Emile Jacqmain – 1000 Bruxelles - Gratis • Grande Salle

Plus d'infos sur www.festivaldeslibertes.be

roland de bodtAu cours de la première partie, j’ai voulu évoquer les circonstances générales – c'est-à-dire l’économie globale – de la société actuelle qui forme le cadre de notre vie, ici en Belgique francophone. Cette région d’Europe où nous exerçons, nous-mêmes, nos prérogatives d’acteur social et de citoyen. Et cette évocation n’est pas neutre. Elle est une lecture du monde, une écriture, une translation de mon rapport au monde. De mon rapport à cette société où nous vivons quotidiennement. Elle n’est pas une lecture officielle donnée pour mémoire !

roland de bodtA ce stade, je souhaite revenir sur ce que j’ai écrit dans « Le cercle ouvert » , il y a près de quinze ans. A l’époque, je voulais prendre une initiative culturelle personnelle pour marquer l’anniversaire des cinquante ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948/1998). Par la même occasion, je voulais aussi rendre plus visible une voie médiane entre les deux modèles d’action culturelle qui étaient adoptés en Belgique francophone, au lendemain de mai 1968 – d’un côté celui de la « démocratisation de la culture » et de l’autre celui de la « démocratie culturelle ».

Einstein définissait la folie comme le fait de « faire la même chose encore et encore en espérant des résultats différents ». Cette idée pourrait s’appliquer à la situation présente : les politiques menées ces dernières années n’ont pas amélioré la situation, au contraire elles l’aggravent, et pourtant on continue à les appliquer en espérant qu’elles aient un autre effet. Roosevelt2012.be affirme qu’il est grand temps de reconnaître les réelles sources de la crise. De ce nouveau diagnostic découlent directement de nouvelles solutions. La crise est grave, « plus grave que ce qu’on vous dit… » affirme Pierre Larrouturou, figure de proue du collectif français, « mais on peut s’en sortir ! ». Ce que nous vivons n’est pas une crise passagère après laquelle la vie reprendra comme avant. « Crise sociale, crise financière, crise écologique, crise démocratique… dans tous ces domaines, nos sociétés approchent d’un point de rupture, d’un point de non-retour.

jean-cornilNous aurions pu croire vivre une époque tranquille après les soubresauts tragiques du siècle précédent, des guerres mondiales à la Guerre froide, du développement des Etats-nations au génocide rwandais, de la croissance des pôles industrialisés aux souffrances des peuples du Sud, des « trente glorieuses » aux « quarante piteuses ». Recompositions géopolitiques, urbanisation galopante, hausse de l’espérance de vie, progrès technologiques, déséquilibres des écosystèmes, poussées démographiques, financiarisation de l’économie, crises de la production et de l’emploi, mondialisation des échanges, à bien des égards, notre monde contemporain, même s’il a rompu avec la perspective de la guerre et de l’immédiateté du tragique, connaît des bouleversements extrêmes du moins dans les régions « développées » ou en forte expansion. 

La crise économique rend encore plus difficile le financement du secteur culturel, souvent premier champ à être sacrifié sur l’autel de l’austérité. Plus profondément, elle entraîne un renforcement de l’aspect utilitariste de la culture et elle tend à assigner un rôle économique à l’artiste, caractéristique de l’idéologie néolibérale. Comment penser ce phénomène, s’en prémunir et trouver des voies alternatives ? Ces derniers mois ont été marqués par la remise en question des faibles acquis des artistes au niveau de leur statut social et de leur droit au chômage. Parallèlement à cela, suite aux crises économiques à répétition qui ont engendré en Europe des programmes d’austérité touchant la majorité des États, de nombreuses associations, compagnies, festivals et projets culturels ou socioculturels subventionnés en tout ou en partie par l’État, voient depuis quelques années leurs subventions régulièrement limitées, remises en questions, non indexées, revues au rabais… et ceux qui jouissent d’une augmentation ou qui arrivent à obtenir une nouvelle subvention sont à présent considérés comme des exceptions.  

sinnaeveL’Etat social se construit d’un point de vue économique sur un modèle keynésien d’économie mixte qui prévoit, à côté du marché, une intervention de l’Etat en tant que régulateur et acteur important du développement économique. De 1950 à 1975, le schéma keynésien a rendu possible les politiques de répartition plus harmonieuse des richesses produites entre profits, salaires et dépenses publiques. Les pouvoirs publics d’après-guerre, qui ont tiré les leçons de la crise de 1929, n’hésitent plus à intervenir dans l’économie de manière structurelle (et pas seulement conjoncturelle, en temps de crise). L’économie semi-dirigée qui se met alors en place se traduit notamment par la mise en œuvre des préceptes keynésiens : l’investissement public, la création d’emplois publics et la stimulation de la consommation via les hausses salariales négociées et les différents leviers de redistribution (fiscalité, Sécu, services publics…) .  John Maynard Keynes, reconnu comme le plus important des économistes du 20ème siècle , préconise, dans les années 1920 déjà, une remise en question du laisser-faire libéral et du dogme de l’équilibre des marchés par l’ajustement automatique des prix.

 

Une analyse de Marc Sinnaeve - Professeur de journalisme à l'IHECS et Militant PAC

 

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sinnaeveDe la Déclaration de Philadelphie au Pacte social belge, un consensus se fait jour, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, autour de l’idée d’une société nouvelle qui serait plus égalitaire, ou moins injuste. Une nouvelle hiérarchie préside aux rapports entre l’économique et la société. Tandis qu’une nouvelle perspective s’ouvre à la classe ouvrière : celle de son propre avenir. En Belgique, ce sont les forces politiques et sociales de la gauche socialiste et chrétienne principalement qui seront parties prenantes du compromis politique d’après-guerre. Si elles sont bien présentes et agissantes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les forces communistes ou de gauche radicale restent minoritaires, divisées et peu enclines au compromis qui voit émerger le Pacte social de 1944. Car, il s’agit bien, on l’a dit, d’un compromis politique global sur l’approfondissement de la démocratie par le biais des droits sociaux et économiques. 

sinnaeveL’information, à l’âge du journalisme événementiel, dissocie plus qu’elle ne lie. Elle ignore, plus qu’elle ne met en exergue, les rapports sociaux, les interactions, les analogies, les croisements, bref, les processus liants qui permettent de saisir le réel dans sa complexité… réelle. S’il en est ainsi, c’est, notamment, parce qu’on ne traite plus les choses, dans l’information d’actualité, qu’à partir d’un seul point de vue à la fois.  Quel rapport entre un Maurice Lippens qui fuit ses responsabilités, en tant qu’ex-président du conseil d’administration de Fortis, dans la gestion interne qui a conduit à la débâcle de la banque en 2008, et le travailleur sans emploi que l’on sanctionne pour irresponsabilité dans son comportement de recherche active d’emploi ?  Le lien existe pourtant bel et bien : l’administration-en-chef erratique du premier a contribué, parmi d’autres facteurs et acteurs, à l’effondrement durable de l’économie européenne et nord-américaine, à des pertes d’emploi massives, à la détérioration accélérée des finances publiques, à des programmes gouvernementaux de réduction des dépenses sociales et des investissements publics, ainsi – on y arrive – qu’à l’adoption d’une réforme structurelle de dégressivité dans le système des allocations de chômage, et de durcissement des plans d’activation de la recherche d’emploi.

 

Une analyse de Marc Sinnaeve - Professeur de journalisme à l'IHECS et Militant PAC

 

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Citoyens EngagésLa nécessité de rééquilibrer la fiscalité sur les revenus du capital pour alléger celle sur les revenus du travail est communément admise comme étant une question de justice fiscale.

Avant d’analyser les pistes qui peuvent être suivies pour réaliser cet objectif, il est nécessaire de cartographier la pression fiscale en Belgique, d’identifier les modes de financement alternatifs potentiels et d’évaluer l’impact de la fraude.

Parmi les modes de financement disponibles pour réduire la pression fiscale qui pèse sur le travail, l’éco-fiscalité est-elle une piste crédible ?

 

Quand : Mercredi 11 septembre de 9h30 à 16h30
Où : Parlement fédéral (rue de Louvain 21 - 1000 Bruxelles)
Inscription : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 02 548 32 00

Clique ici pour télécharger le programme complet (PDF)

 

Colloque ouvert à tous - Participation gratuite
Inscription obligatoire pour le 9 septembre au plus tard
Une activité "Citoyens engagés"

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