jean-cornilNous aurions pu croire vivre une époque tranquille après les soubresauts tragiques du siècle précédent, des guerres mondiales à la Guerre froide, du développement des Etats-nations au génocide rwandais, de la croissance des pôles industrialisés aux souffrances des peuples du Sud, des « trente glorieuses » aux « quarante piteuses ». Recompositions géopolitiques, urbanisation galopante, hausse de l’espérance de vie, progrès technologiques, déséquilibres des écosystèmes, poussées démographiques, financiarisation de l’économie, crises de la production et de l’emploi, mondialisation des échanges, à bien des égards, notre monde contemporain, même s’il a rompu avec la perspective de la guerre et de l’immédiateté du tragique, connaît des bouleversements extrêmes du moins dans les régions « développées » ou en forte expansion. 

ma mouraDe nombreuses études ont mis en évidence les caractéristiques propres du marché du travail dans les secteurs artistiques et créatifs, qui se différencient nettement de ce qu’on observe dans les autres secteurs d’activité.  En particulier, on a observé ces trente dernières années une évolution très étonnante et paradoxale : l’emploi a beaucoup augmenté dans l’ensemble de ces secteurs, mais le sous-emploi a augmenté encore plus vite. Comment cela s’explique-t-il ? Simplement parce que le nombre des candidats à une carrière créative a augmenté dans une plus grande proportion que le nombre d’emplois disponibles.  De même, les budgets se sont eux aussi fortement développés (les secteurs de la création connaissent d’ailleurs une croissance  plus rapide que le reste de l’économie), mais moins que le nombre des prétendants à ces budgets. Au bout du compte,  cela donne pour chacun moins d’emploi et moins d’argent.

 

Une analyse de Marc Moura, Directeur de SMartBe, Association Professionnelles des Métiers de la Création

 

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sinnaeveL’information, à l’âge du journalisme événementiel, dissocie plus qu’elle ne lie. Elle ignore, plus qu’elle ne met en exergue, les rapports sociaux, les interactions, les analogies, les croisements, bref, les processus liants qui permettent de saisir le réel dans sa complexité… réelle. S’il en est ainsi, c’est, notamment, parce qu’on ne traite plus les choses, dans l’information d’actualité, qu’à partir d’un seul point de vue à la fois.  Quel rapport entre un Maurice Lippens qui fuit ses responsabilités, en tant qu’ex-président du conseil d’administration de Fortis, dans la gestion interne qui a conduit à la débâcle de la banque en 2008, et le travailleur sans emploi que l’on sanctionne pour irresponsabilité dans son comportement de recherche active d’emploi ?  Le lien existe pourtant bel et bien : l’administration-en-chef erratique du premier a contribué, parmi d’autres facteurs et acteurs, à l’effondrement durable de l’économie européenne et nord-américaine, à des pertes d’emploi massives, à la détérioration accélérée des finances publiques, à des programmes gouvernementaux de réduction des dépenses sociales et des investissements publics, ainsi – on y arrive – qu’à l’adoption d’une réforme structurelle de dégressivité dans le système des allocations de chômage, et de durcissement des plans d’activation de la recherche d’emploi.

 

Une analyse de Marc Sinnaeve - Professeur de journalisme à l'IHECS et Militant PAC

 

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