ma mouraDe nombreuses études ont mis en évidence les caractéristiques propres du marché du travail dans les secteurs artistiques et créatifs, qui se différencient nettement de ce qu’on observe dans les autres secteurs d’activité.  En particulier, on a observé ces trente dernières années une évolution très étonnante et paradoxale : l’emploi a beaucoup augmenté dans l’ensemble de ces secteurs, mais le sous-emploi a augmenté encore plus vite. Comment cela s’explique-t-il ? Simplement parce que le nombre des candidats à une carrière créative a augmenté dans une plus grande proportion que le nombre d’emplois disponibles.  De même, les budgets se sont eux aussi fortement développés (les secteurs de la création connaissent d’ailleurs une croissance  plus rapide que le reste de l’économie), mais moins que le nombre des prétendants à ces budgets. Au bout du compte,  cela donne pour chacun moins d’emploi et moins d’argent.

 

Une analyse de Marc Moura, Directeur de SMartBe, Association Professionnelles des Métiers de la Création

 

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La crise économique rend encore plus difficile le financement du secteur culturel, souvent premier champ à être sacrifié sur l’autel de l’austérité. Plus profondément, elle entraîne un renforcement de l’aspect utilitariste de la culture et elle tend à assigner un rôle économique à l’artiste, caractéristique de l’idéologie néolibérale. Comment penser ce phénomène, s’en prémunir et trouver des voies alternatives ? Ces derniers mois ont été marqués par la remise en question des faibles acquis des artistes au niveau de leur statut social et de leur droit au chômage. Parallèlement à cela, suite aux crises économiques à répétition qui ont engendré en Europe des programmes d’austérité touchant la majorité des États, de nombreuses associations, compagnies, festivals et projets culturels ou socioculturels subventionnés en tout ou en partie par l’État, voient depuis quelques années leurs subventions régulièrement limitées, remises en questions, non indexées, revues au rabais… et ceux qui jouissent d’une augmentation ou qui arrivent à obtenir une nouvelle subvention sont à présent considérés comme des exceptions.  
Quelle place une société veut-elle donner à ses artistes ? C’est bien là la question qui se pose fondamentalement lorsqu’on aborde la question du statut social des artistes. En effet, comment garantir une sécurité juridique et de revenu à des travailleurs qui vivent dans une importante insécurité et intermittence professionnelle ? Après la mise en œuvre d’un statut spécifique en 2002, on pensait avoir enfin atteint le difficile équilibre entre ces impératifs de flexibilité et de sécurité. L’essentiel pour beaucoup d’artistes – en tout cas pour ceux qui ne parviennent pas à gagner correctement leur vie — étant de pouvoir bénéficier d’un filet minimum au niveau du chômage entre leurs diverses prestations. La réalité actuelle et ses conséquences en termes de restrictions à l’accès du « statut d’artiste » de l’ONEm nous prouvent cependant le contraire.
jean-cornilLe grand physicien allemand Max Planck écrivait déjà il y a longtemps : « une nouvelle théorie ne triomphe jamais. Ce sont des adversaires qui finissent par mourir ». Mais que le chemin semble long pour sortir du coma qui anesthésie notre époque. Cette idéologie dominante, qui imprègne presque toutes les expressions médiatiques et politiques, c’est cette conviction sans cesse répétée qu’il n’y a pas d’alternative crédible  au modèle de compréhension du monde et de gestion de la cité, à savoir l’économie néo-classique, l’individualisme possessif et la rationalité marchande. Toutes celles et tous ceux qui osent penser et agir en dehors de ces clous bien balisés sont au mieux des rêves utopistes, au pire des inconscients suicidaires.

 

Une analyse de Jean Cornil, essayiste

 

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anneliseIl est un peuple en Europe dont les frontières ne sont pas celles d’un territoire, ni d’un État-Nation. Il est un peuple en Europe qui ne vit pas comme les autres. Il est un peuple en Europe, réduit à une mythologie, la plupart du temps discriminante… négativement, mais aussi positivement. On le dit tour à tour nomade, musicien virtuose, libre comme le vent. Mais également voleur de poule, sale, un enfant dans les bras, dans les rues de nos villes.  On les appelle Roms, Tsiganes, Gitans, Gens du voyage… Au-delà des images, des stéréotypes bien ancrés dans la mémoire collective se cache une réalité complexe.  Certaines de ces appellations sous-tendent un racisme primaire ; plus d’un parent a traité ses enfants de « romanichels », quand ils revenaient sales à la maison (cela vaut pour les appellations bohémien et gitan). La formulation gens du voyage est quant à elle plus explicite. Elle concerne les personnes nomades, celles que nous croisons dans des aires de stationnement, généralement peu, voire pas équipées pour les accueillir.
sinnaeveEn réaction à la grève générale du 30 janvier dernier s’est dressé, comme rarement, un discours de questionnement unilatéral et systématique de la légitimité de l’action syndicale. Cette rhétorique a été portée à la fois dans et par les médias d’information. Que nous dit cette contre-mobilisation médiatique ? Comment s’exprime-t-elle, en dehors des espaces consacrés du commentaire ou de l’éditorial, dans les formes et les techniques du journalisme qui, loin d’être neutres, imposent leurs manières de lire le réel ? Et, plus largement, comment expliquer cette vision commune spontanée de la part d’observateurs prétendus impartiaux qui s’érigent de fait en juges d’exception ?  La rhétorique de « la prise en otages » des usagers et de l’économie n’a rien de nouveau.

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