Analyse #27 - Jean Cornil - Secousses civilisationnelles (II)

jean-cornilDeux mutations culturelles décisives. Le passage du néolithique, de « l’agriculture à la culture » pour faire une formule. Puis la Renaissance qui par « La galaxie Gutenberg » inaugure la marche vers les grands concepts de la modernité en plaçant l’homme au centre du monde et non plus Dieu. Le glissement de la logosphère à la graphosphère pour reprendre la terminologie de Régis Debray. Par cette évolution, de l’écriture à l’imprimerie, c’est une totale transformation qui s’opère dans toute la symbolique et l’imaginaire européens.

Bien évidemment dans une complexité inouïe que je résume à l’excès en ces pages. Cette refonte fondamentale transforme le rapport de l’homme au monde, non seulement dans le référant légitime, la classe sociale détentrice du pouvoir symbolique, le statut de l’être humain, le mythe d’identification personnelle ou le contrôle des flux d’informations, mais aussi dans la figure du temps, l’idéal du groupe ou le milieu géographique stratégique. Ainsi quand l’écriture domine, c’est le cercle, le retour, la répétition qui traduit le vecteur du temps. Au moment où l’imprimerie s’impose, c’est le temps conçu comme une ligne, une histoire, un progrès, un futur, un avenir qui commande la manière dont chacun envisage le déroulement des jours et des nuits. Avec l’apogée au moment des Lumières qui ne conçoit la destinée humaine qu’en termes d’évolution progressive vers plus de progrès, plus de démocratie, plus de raison, plus de bonheur.

 

Une analyse de Jean Cornil, essayiste


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