Analyse #32 - Jean Cornil - Le retour des somnambules

jean-cornilLes commémorations de la Première Guerre Mondiale ont commencé dans le recueillement, le souvenir, la dignité, la nation réconciliée pour un temps dans la mémoire de cette boucherie universelle. Chacun a étudié, en principe, cet impitoyable engrenage qui commence en 1903 par un sanguinaire coup d’État en Serbie pour aboutir à l’assassinat à Sarajevo par un nationaliste, Gravilo Princip, de l’archiduc héritier du trône d’Autriche-Hongrie, François-Ferdinand. Puis qui, par une mécanique infernale de jeux d’alliance entre les puissances européennes, conduit droit à la guerre dès les premiers jours d’août 1914. Malgré les tentatives de stopper la marche vers le gouffre, celui qui essaiera de faire barrage à l’horreur sera assassiné le 31 juillet 1914. Jean Jaurès tombe sous les balles de Raoul Vilain à Paris au café du Croissant.

Première victime de la guerre. La suite, l’abomination d’une guerre de tranchées, figée pour quatre années dans le sang, la mort, la mitraille, les gaz, les rats, le désespoir et les millions de victimes, est nichée dans un recoin de la conscience de chaque Européen. Puis le Traité de Versailles. L’humiliation de l’Allemagne. Le nationalisme revanchard qui conduira au nazisme, au fascisme, à la Shoah jusqu’à l’effondrement du « Reich de mille ans » à Berlin en mai 1945. Fin d’un des cycles les plus tragiques de l’Histoire moderne, voire de l’histoire humaine tout court. Nouvelle étape, certes plus constructive, l’alliance franco-allemande, scellée par De Gaulle et Adenauer, embryon de l’Union européenne, espace de paix entre les nations du vieux continent, depuis plus de soixante années.

 

Une analyse de Jean Cornil, essayiste


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