blouetLe mot Paideia défini en grec ancien l’éducation formelle et informelle du citoyen responsable. Ce va et vient entre la théorie et l’expérience est le fondement du travail engagé entre 4 départements (4D) français autour des droits culturels : Ardèche, Gironde, Nord et Territoire de Belfort. En France, les droits culturels sont sous-développés, mal connus, sujets à malentendus, amalgames ou confusions. Le développement des capacités et des ressources des personnes tels que ces droits tendent à les développer apporte pourtant la clé de résolution de nombreuses problématiques contemporaines.

romainvilleCes dernières années, le référentiel des droits humains est clairement monté en puissance dans une série de politiques publiques, notamment en matière d’éducation permanente. Dans l’avant-projet de décret relatif aux Centres culturels, ce sont les droits culturels qui sont, en particulier, appelés à constituer le nouveau référentiel. Et, de manière plus générale, on constate que se multiplient les références aux droits culturels dans l’ensemble des politiques culturelles, en Belgique et ailleurs. Que sont ces fameux « droits culturels » ? D’où viennent-ils ? Quel est leur contenu ? Et quelle relation entretiennent-ils avec l’action publique dans le domaine culturel, menée par des organes démocratiquement élus ou par le milieu associatif soutenu par les autorités publiques ?

patrice meyer bischPatrice Meyer-Bisch est le coordinateur de l’Institut interdisciplinaire d’éthique et des droits de l'homme, et de la chaire UNESCO des droits de l'homme et de la démocratie de l’Université de Fribourg. Ce philosophe suisse est l’un des plus ardents défenseurs de la notion politique de droits culturels sur laquelle il revient dans cet entretien et aussi l’un des initiateurs de la Déclaration de Fribourg.

De plus en plus souvent invoqués dans les débats sur l’action culturelle et sur la vie démocratique, les droits culturels demeurent méconnus et mal compris. Ils constituent pourtant une notion qui embrasse avec une efficacité surprenante la complexité et la richesse de notre vivre-ensemble et de notre nature humaine. Les droits culturels sont notamment définis par la Déclaration de Fribourg rédigée en 2007 par le Groupe d’experts internationaux du même nom. Celle-ci, dépassant les avancées permises par la déclaration et la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle, propose une définition de la culture qui met la personne au centre et replace l’enjeu de la diversité culturelle en face de la finalité ultime des droits de l’homme : la dignité humaine. Le terme « culture » désigne ici «les valeurs, les croyances, les convictions, les langues, les savoirs et les arts, les traditions, institutions et modes de vie par lesquels une personne ou un groupe exprime son humanité et les significations qu’il donne à son existence et à son développement » . Les droits culturels visent à garantir à chacun la liberté de vivre son identité culturelle, comprise comme « l’ensemble des références culturelles par lesquelles une personne, seule ou en commun, se définit, se constitue, communique et entend être reconnue dans sa dignité » .

Une analyse de Baptiste Fuchs


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sinnaevePour s’imposer dans le débat public, le discours de la rationalité économique emprunte à un entrelacs opaque de mots totems : réformes structurelles, dévaluation sociale compétitive, modération salariale, modèle allemand, etc. Ensemble, ils forment une sorte de «pensée magique». Leur manipulation quotidienne les fait apparaître comme s’ils indiquaient le bien. Faute d’emporter toujours l’adhésion, ils forcent la résignation. Le débat sur la compétitivité est récurrent. Si pas obsessionnel. Le refrain, en Belgique particulièrement, est connu : le coût du travail expliquerait la vulnérabilité de « nos » entreprises dans le commerce européen et mondial, le recul des parts de marché et le chômage qui en résulte. En conséquence, les contraintes de la globalisation et les règles européennes de la gouvernance économique imposent l’évidence : toutes les composantes de la formation des salaires (barèmes salariaux, salaire minimum, cotisations sociales, règles et indemnités de licenciement, indemnités de chômage ou de pension…) doivent être subordonnées, désormais, à des objectifs de compétitivité qui imposent de « contenir » les coûts salariaux.

Au moment où, plus que jamais, la désaffiliation sociale et le rejet du politique se manifestent par un sentiment grandissant d’impuissance et alors que de nouveaux transferts de compétences pourraient être négociés entre Fédération Wallonie-Bruxelles et Régions, quelle sera demain la place de l’Éducation permanente ? Diversement comprise, sera-t-elle condamnée à se marginaliser de plus en plus, faute de pouvoir briser les barrières dans lesquelles on tente de l’enfermer ? Né en France puis adopté par le Conseil de l’Europe dans la seconde moitié du XXe siècle, le concept d’Éducation permanente recouvre, aujourd’hui, en Belgique, des acceptions diverses et s’inscrit dans un champ de pratiques relativement contrasté : enseignement postscolaire, formation professionnelle continuée, éducation populaire, activités socioculturelles... propres aux différents contextes où elles sont nées.

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