jean-cornilNous aurions pu croire vivre une époque tranquille après les soubresauts tragiques du siècle précédent, des guerres mondiales à la Guerre froide, du développement des Etats-nations au génocide rwandais, de la croissance des pôles industrialisés aux souffrances des peuples du Sud, des « trente glorieuses » aux « quarante piteuses ». Recompositions géopolitiques, urbanisation galopante, hausse de l’espérance de vie, progrès technologiques, déséquilibres des écosystèmes, poussées démographiques, financiarisation de l’économie, crises de la production et de l’emploi, mondialisation des échanges, à bien des égards, notre monde contemporain, même s’il a rompu avec la perspective de la guerre et de l’immédiateté du tragique, connaît des bouleversements extrêmes du moins dans les régions « développées » ou en forte expansion. 

jean-cornilDe Karl Marx à Thomas Piketty, voici quelques réflexions sur l’évolution du capital, de la transmission et de la répartition des richesses du XIXème siècle à aujourd’hui. Il y a une forme assez fascinante de pérennité sur cette longue période dans le rapport totalement inégalitaire entre travail et capital. Le capitalisme s’est certes considérablement transformé mais les fondements, si bien analysés par Marx et Engels, demeurent profondément iniques. « Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares.

jean-cornilDans les programmes d’enseignement, comme en éducation populaire, il y a des livres pédagogiques et profonds, lumineux et complexes, qui devraient servir de boussoles et de références sur le long terme. Des ouvrages de savoirs, didactiques, qui aident à une meilleure compréhension du monde, qui permettent de mieux penser donc de mieux agir, même très modestement, sur le réel. Car pour décrypter les méandres du temps présent, il faut des concepts, des grilles d’interprétation, des récits du monde, des perspectives multiples, des angles différents, des approches diversifiées. Avec le recul et la profondeur de l’histoire. Avec une combinaison des sciences de la nature et des sciences humaines. Comme l’écrit Nietzsche, « il n’y a pas de faits, il n’y a que des interprétations ».

 roland de bodtLe droit au mariage, dans la « Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales », adoptée par le Conseil de l’Europe, en 1950. La formulation adoptée initialement à l’article 12 de la Convention de sauvegarde est la suivante : « Droit au mariage : À partir de l’âge nubile, l’homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales régissant l’exercice de ce droit. » Cette formulation ruine toute la portée du droit tel qu’il a été énoncé deux ans plus tôt par les Nations unies, dans la Déclaration universelle.

delmotteUn retour à l’histoire contemporaine du Proche-Orient nous montre que le «choc des civilisations» – réel celui-là – que la région a connu du fait de l’expansionnisme européen au XIXe siècle, a suscité diverses formes de résistances. Ainsi, ce que nous appelons aujourd’hui l’islamisme (ou l’«intégrisme») n’est pas moins contemporain ni anticolonialiste que les nationalismes arabes dits «laïques». Le premier se focalisant sur l’identité islamique ainsi que sur la défense du patrimoine religieux et culturel pour prôner une «modernisation» endogène en phase avec les «pesanteurs sociales»; les seconds sur une identité «ethnico-nationale», nourrissant des projets plus immédiatement politiques et économiques et plus volontaristes.   Ce sont ces différences quant au champ d’action premier qui expliquent qu’en Égypte, la première préoccupation des Frères musulmans fut le prosélytisme des missions chrétiennes occidentales. Et Xavier Ternisien nous rappelle comment ces missions chrétiennes fondaient leur influence sur l’aide sociale et sanitaire aux populations (ne reproche-t-on pas aujourd’hui systématiquement aux islamistes d’étendre leur audience politique via le caritatif?) et offrirent ainsi un modus operandi aux Frères. Et, deuxièmement, que la confrérie fondée par Hassan Al-Banna  faisait, alors du moins, clairement la distinction entre chrétiens occidentaux et chrétiens coptes d’Égypte .

 

Une anlayse de Paul Delmotte, Professeur de Politique internationale à l’IHECS

 

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delmotteAu Caire, le nouvel «homme fort» du pays, le général Abdel Fatah Al-Sissi, semble se complaire à présenter son coup d’État du 3 juillet et le renversement du président Morsi comme un prolongement de la lutte féroce qui opposa, dès 1954, le régime de Gamal Abdel Nasser aux Frères musulmans. Et les manifestants «anti-Morsi» de brandir côte à côte des portraits géants de ces deux personnalités. Une comparaison que certains, chez nous, paraissent disposés à partager. Qu’en penser? Ces derniers temps, un documentaire vidéo montrant Nasser se moquer des Frères musulmans a circulé avec un certain succès dans certains cercles de la gauche laïque européenne.

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