jean-cornilJe m'efforce au fil de ces modestes analyses d'apporter quelques éclairages sur notre époque qui oscille entre le cristal du slogan abusif et la fumée qui nous plonge dans le brouillard des repères évanouis. Conduire une vie ou une société en l'absence de carte risque vite le ravin. C'est pourquoi je pense, après beaucoup d'autres, que le retour sur les grands schémas structurant le passé est primordial. L'atmosphère privilégie certes l'amnésie, le « hic et nunc » qui voile les soubassements de longue durée et les continuités historiques. Raison supplémentaire pour entrevoir la généalogie de l'ambiance conceptuelle et pratique de ceux qui nous ont précédés.

jean-cornilDans un ironique petit pamphlet, Rêverie de gauche, le philosophe Régis Debray, à propos de l'évolution des socialistes français, s'interroge sur le changement de phase, le basculement du climat culturel, cette nouvelle secousse de civilisation. Difficile à dater pour les historiens des mentalités, ce passage du social au sociétal, de ce qui est juste à ce qui se dit moderne, de l'égalité à l'équité, de l'élan de solidarité au crime humanitaire, de la culture pour tous à la culture pour chacun, du fraternel au compassionnel, du « changer la vie » au « changer de cantine ». Régis Debray constate « qu'au réchauffement global de l'atmosphère terrestre a correspondu au niveau de la mer un net refroidissement des passions civiques ».

sinnaeve

La logique frontale et présentiste de la médiatisation contribue à diffuser des grilles de lecture conservatrices du monde qui « naturalisent » la domination sociale. Le fait qu’il y ait des pauvres et des riches, des hommes qui gagnent davantage que les femmes, des salariés contraints d’accepter des sacrifices, en même temps que des actionnaires toujours mieux rémunérés, est parfois déploré. Mais sans que jamais ne soient interrogés ou remis en cause les fondements de l’ordre social qui y contribuent…

jean-cornilGrenade. La cité andalouse, au pied des monts enneigés de la Sierra Nevada, diffuse depuis des siècles, une âme, une beauté, un esprit, une finesse, un raffinement exceptionnels. La ville, par son passé et son présent, symbolise aussi les graves questions culturelles et politiques, tragiques ou heureuses, au travers des siècles. Elle apparait comme un condensé, un chaudron, une cristallisation de toutes les espérances et de toutes les crispations du temps.

jean-cornilLes révolutions culturelles sont plus silencieuses que les grands bouleversements insurrectionnels de l’Histoire. Mais elles transforment bien plus en profondeur et sur le temps long nos habitudes, nos comportements et nos mentalités. Leurs empreintes s’inscrivent progressivement et durablement mais si intensément qu’une fois installées dans nos vies, nous imaginons qu’il en a toujours été ainsi. Le coup d’œil dans le rétroviseur s’avère d’autant plus nécessaire.

jean-cornilSecousse civilisationnelle issue de la métamorphose numérique et de la société de l’information après les révolutions de la parole et de l’imprimerie. Secousse aussi dans cette alliance métaphysique entre sciences de la nature, sciences de l’homme et conceptions artistiques. Cette trame de fond de chaque époque qui fait dialoguer l’horloge, la physique de Newton et la musique de Rameau puis la machine à vapeur, la thermodynamique et la peinture de Turner. Puis enfin, la déconstruction, l’information, la physique quantique, l’art contemporain…

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