Analyse #38 - Marc Sinnaeve - Ne pas dissoudre la matrice politique de l'Etat islamique

sinnaeveComment appréhender la compréhension et le traitement de la crise protéiforme majeure que révèlent les actes terroristes de Paris revendiqués par l’Organisation de l’État islamique (OEI) ? Aux yeux d’une organisation d’éducation permanente, il importe d’embrasser la globalité d’un phénomène si on ne veut pas sacrifier à la tentation des stéréotypes ou des manichéismes… qui sont à la fois le lot et l’arme des extrémistes. Pour tenter de maîtriser le sens et la portée du 13 novembre 2015 français et de la mise en alerte maximale qui en a résulté à Bruxelles, il faut d’abord empêcher que l’une ou l’autre réponse ne cache la forêt d’autres lectures possibles. Éviter, donc, la tentation des socles unanimistes.

Le recours aux arguments de l’analyse sociologique des kamikazes ne saurait occulter les dimensions religieuses, culturalistes, identitaires, ou psychosociales, ni faire oublier que le passage à l’acte terroriste, aussi instrumentalisé soit-il, procède d’un engagement « ensauvagé » lié à une profonde fracture politique dans le monde arabe : celle, historiquement très longue, du colonialisme, d’abord, de l’hégémonie « néocoloniale » ou « impériale », ensuite. La perception de cette dernière passe par les multiples interventions des puissances occidentales dans « le tissu musulman du monde », selon l’expression du spécialiste de l’islamisme François Burgat1, mais aussi par la passivité bienveillante des mêmes pour l’État hébreu dans le conflit israélo-palestinien.

 

Une analyse de Marc Sinnaeve, administrateur de Présence et Action Culturelles et membre du comité de rédaction d'Agir par la Culture

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