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Dans le cadre de sa réflexion générale relative à l’éco-citoyenneté, et plus particulièrement dans son entreprise de l’analyse critique des outils de marchandisation de la nature, PAC se penche sur le principe des taux d’actualisation de la valeur. C’est que, comme le dit C. Gollier, l’enjeu est vital pour l’humanité. Seulement, cette problématique présente des aspects quelque peu rébarbatifs qui tendent à la mettre hors de portée des citoyens. Nous nous sommes ici fixé comme tâche de rendre l’aspect technique le plus accessible possible pour ensuite pouvoir examiner des implications du choix d’un taux d’actualisation. On reproche à fort juste titre aux « analyses économiques » de n’être pas accessibles, PAC entend continuer son travail d’explicitation et de décodage de ces outils dont les démarches sont peu compréhensibles pour les élus et les citoyens. Puisque c’est de notre avenir en tant qu’Humanité qu’il s’agit, pour PAC, il est plus que temps d’ôter aux experts le monopole de la décision et de permettre aux citoyens de s’approprier les instruments technocratiques qui tendent à les déposséder de leur pouvoir souverain.


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La littérature officielle - au sens où elle émane d’entités territoriales diverses (villes, régions, pays, Union européenne) ou d’entreprises spécialisées - présente généralement l’« analyse coûts - avantages » (ACA) comme un « outil d’aide à la décision, intégrant une dimension de dialogue et d’utilité sociale ». Un important travail d’harmonisation des pratiques, sur base de guides divers et variés, est en cours. Il est à vrai dire incessant. Néanmoins, les grands principes qui guident une analyse coûts-avantages demeurent stables dans le temps. Puisqu’il est utilisé dans la sphère publique et que, dès lors et dans une certaine mesure, l’outil « ACA » règle nos vies, il a paru utile que PAC se penche sur les valeurs qui le fondent.

pontegniesDominique Bureau (alors à la tête de la direction des Etudes économiques et de l'évaluation environnementale du ministère de l'Ecologie et du développement durable en France) a le mérite de fixer de façon très claire le cadre officiel de pensée dans lequel s’inscrivent les «instruments économiques de protection de l'environnement». « La focalisation des économistes sur les [instruments économiques de protection de l'environnement] [est] la conséquence d'une démarche dont le point de départ est la question suivante : comment concilier croissance économique et protection de l'environnement ? ». On comprend d’emblée qu’il ne sera ici question que de « soutenabilité faible » , au sens où, pour l’auteur, la croissance économique est une donnée de base et la protection de l’environnement, seconde ; il ne s’agira donc que de « conciliation ».

pontegniesLa littérature économique relative à la «gestion» de la question environnementale est pléthorique. On y trouve un nombre incalculable d’articles, de contributions et d’ouvrages d’une plus ou moins grande complexité alliant, dans des mesures variables, les exposés mathématiques avec des considérations politiques, sociales ou même philosophiques. L’établissement de synthèses comparatives des différentes approches et des travaux en cours relève plus de la recherche universitaire que de l’éducation permanente. Pour PAC, en l’espèce, il faut donner à comprendre les grands principes idéologiques qui sont à l’œuvre sous les approches économiques qu’on nous présente comme « rationnelles » et « objectives ».

pontegniesLe fordisme est - au sens premier du terme - un modèle d'organisation et de développement d'entreprise développé et mis en œuvre en 1908 par Henry Ford. Mais le fordisme désigne essentiellement le « compromis économique et social » permis par les résultats de cette mise en œuvre : les forts gains de productivité peuvent en partie être retournés aux travailleurs, dont le « pouvoir d’achat » supplémentaire contribue à la très forte croissance économique qui, en retour, soutient la productivité (selon la légende[1], Henry Ford voulait que ses ouvriers fussent bien payés, pour leur permettre d'acheter les voitures qu'ils avaient eux-mêmes produites…)

pontegniesAu début des années '70, la problématique environnementale s’est définitivement invitée à la table des responsables politiques : le contexte fordiste d’après-guerre avait rendu insoutenable l’emprise de la production (et de la consommation) sur la Planète. Un autre tournant majeur s’annonçait, que les élections de Margaret Thatcher (1979) et de Ronald Reagan (1981) ont parfaitement incarné : les grandes orientations politiques seraient dorénavant marquées au sceau d’un nouveau libéralisme. La gauche devait elle-même se rendre à ces raisons dès 1983, avec le « tournant de la rigueur » initié par François Mitterrand, par exemple. Qu’on ne se méprenne pourtant pas : jamais, nos économies ne sont sorties du cadre capitaliste, jamais elles n’ont complètement rompu avec les logiques de marché. Le fordisme d’après-guerre, par exemple, était un accommodement passager que les crises du pétrole (entraînées par son renchérissement massif) ont suffi à mettre à mal : le cadre de pensée proprement libéral a ensuite simplement trouvé à mieux s’exprimer.

 

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