dohetQuel est le rôle historique de la colère dans les luttes sociales ? Petit retour sur son expression dans les conflits sociaux, hier et aujourd’hui, sur les stratégies syndicales visà- vis d’elle, sur le rapport à la violence qu’elle peut entrainer dans la lutte et son traitement médiatique avec Julien Dohet. Secrétaire politique au Setca de Liège-Huy-Waremme, il mène des recherches sur l’histoire des luttes sociales en parallèle de son activité syndicale.

bonfondAlors qu’Olivier Bonfond sort son livre « Il faut tuer TINA » évoquant, entre autres pistes d’alternatives concrètes au capitalisme, la question d’une autre économie possible, nous avons souhaité revenir avec lui sur la question de la dette, sur ses mécanismes et sur son rôle politique. Mais aussi sur les leçons à tirer de l’épisode grec de 2015. Un moment politique intense vécu de près par cet économiste et militant liégeois puisqu’il était alors membre de la Commission internationale qui a audité la dette publique grecque. Depuis 2008, la question de la dette est devenue omniprésente en Europe. Pourquoi a-t-elle surgi soudainement ? N’y avait-il pas de dette auparavant ?

Elsa Gimenez est sociologue et enseigne à l’Université de Lausanne. Elle réalise actuellement une thèse sur un média alternatif nationaliste français en ligne situé dans la mouvance de « réinformation ». Elle répond à nos questionnements sur le « théâtre de la polémique » qu’est devenu internet, les stratégies de la fachosphère en matière de diffusion de propos haineux, les possibilités pour la gauche de porter les colères sociales sur les réseaux et d’y mobiliser pour agir et faire réfléchir, en nous amenant à distinguer les registres émotionnels de haine et de colère, mais aussi ceux de colère et d’indignation.

marc sinnaeveUn enfant, contrarié, qui pique une colère. Un adolescent qui s’emporte à la première remarque. Un conjoint, irrité, qui, dans la discussion, se met à hurler sur sa compagne. Une manifestation syndicale qui dégénère en affrontements avec la police… La colère n’a pas bonne image. Que ce soit dans les relations interpersonnelles ou dans les rapports sociaux, elle semble socialement, moralement, politiquement inconvenante. Car réduite à ses manifestations plus ou moins virulentes. Pourtant, elle se sublime dans sa puissance d’agir conflictuelle. La violence, de ce point de vue, n’est rien d’autre que le produit d’une colère rentrée qui ne parvient pas à se structurer en s’exprimant dans le conflit.

1929174 1135253740997 45510 nSouvent utilisé pour disqualifier tout adversaire ou toute idée sortant du cadre de la pensée unique, le populisme, tel que décliné par François Ruffin, Jean-Luc Mélenchon ou Chantal Mouffe se mue en un populisme de gauche propice à capter la colère et l’indignation des classes qui ne se sentent plus représentées. Ou comment transformer la rage en substrat pour radicaliser la démocratie !

marcsLe 10 octobre dernier, une éternité selon les paramètres des flux permanents de la société globale de l’information, c’était « jour de grève ». Un arrêt de travail partiel de la Fonction publique et dans les entreprises publiques autonomes s’offrait aux bons soins de la couverture médiatique. À ses cadrages. À son lexique. À ses jugements. À ses choix éditoriaux, en somme. Tous parfaitement légitimes en soi. S’ils n’étaient exclusifs, excluants et, par conséquent, excessifs. Excédants, surtout. À l’instar de leurs précédents. Le « malaise syndical » évoqué par le médiatique ne serait-il pas plutôt un malaise médiatique vis-à-vis du syndical ?

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