jean cornilEn général je délaisse le ballon, le week-end sportif, la fièvre des supporters et la ferveur avinée. Mais, tous les quatre ans, je me surprends à endosser, crescendo durant un mois, le maillot de l’amateur de foot, m’identifiant à telle équipe, amusé des rugissements et des déguisements des «aficionados», indigné par une «faute» d’arbitrage, dissertant sur les tactiques des coachs et toujours fasciné par le nombre de drapeaux aux fenêtres. Puis, l’euphorie de la finale retombée, je retourne à mes occupations avec, en tête, la formule, en soi idiote, de Winston Churchill à qui l’on demandait le secret de sa bonne santé : « No sport » avait répondu le Premier Ministre britannique.

MickaelCorreiaLe journaliste indépendant français Mickaël Correia a signé une passionnante Histoire populaire du football qui redonne corps à l’autre histoire du football, celle qui n’est pas écrite par les institutions du foot-business comme la FIFA ou les fédérations nationales. Une histoire « par en bas » du football, à la fois dans sa pratique et dans le spectacle qu’il donne à voir. Le livre tente de dégager enjeux de luttes contenus dans ce qui constitue en réalité un véritable espace politique. Le football est en effet aussi un creuset des résistances face à l’ordre établi. Et une arme, en tout cas un instrument d’émancipation, pour tous les groupes sociaux qui ont été opprimés à travers l’histoire comme les ouvriers, les femmes, les colonisés…

bonomoLe football fait encore partie de ces sports considérés comme masculin. Et pourtant. Non seulement les femmes jouent au foot, mais de plus en plus de femmes jouent au foot et s’en réapproprient les codes. Bousculant les habitudes, le terrain devient aussi, et quelques fois malgré les joueuses, un espace de définition de ce que c’est que la féminité. Souvent loin des considérations féministes mais jamais très distant des dérives sexistes, l’existence du football féminin suffit-elle à remettre en question nos normes de genre ?

sinnaeveEn troquant la priorité des luttes sociales contre celle des questions sociétales, écrit le philosophe Jean-Claude Michéa dans Notre ennemi le capital, la gauche donne l’impression d’abandonner la « cause du peuple » au profit de la cause des minorités. Principalement aux yeux de ceux qui éprouvent le plus durement les effets de la mise en concurrence de tous contre tous dans le marché global. C’est un des effets secondaires du principe d’égalité des chances comme nouveau modèle de la justice sociale.

46479390 10156958576769873 76094657137737728 nDevenue progressivement symbole de l’identité afro-brésilienne, la capoeira trouve ses sources dans l’esclavage au 16e siècle. Elle est aujourd’hui pratiquée dans les académies, mais aussi sur les plages, par plus de 80 % de la population brésilienne. Le cercle de capoeira (la « roda ») est inscrit depuis 2014 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. Elle s’est également aujourd’hui très largement diffusée depuis le Brésil vers le reste du monde. À côté de cette reconnaissance et de sa pratique de masse, la capoeira possède une portée politique insoupçonnée et constitue un exemple notable de « ruses du dominé ». Détour par l’expérimentation et l’analyse anthropologique de James C. Scott pour rendre compte de cette lutte politique discrète.

pontegniesNous nous livrons ici à un petit exercice de lecture – et, surtout, de relecture – des «nouvelles» du 5 juin 2018. Précisons que la date a été choisie aléatoirement et que c’est hélas tous les jours que nous pourrions nous livrer à cet exercice d’arrêt sur image (ou sur textes) que, pris dans le continuum de l’actualité, nous omettons le plus souvent. Bien trop souvent en tout cas pour nous apercevoir que la violence, qui « reste largement déniée », nous tient fermement en ses rets serrés. Quelles que soient la journée ou la Newsletter retenues, l’exercice tend en tout cas à mettre en pièces « l’idée que la violence dans son ensemble aurait été endiguée ».

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