pontegniesLes mouvements sociaux sont depuis fort longtemps écartelés entre le réformisme et la radicalité. Il apparaît que lors de la journée du 1er mai 2018, ce « vieux » débat s’est inscrit dans l’espace, puisque la manifestation institutionnelle est restée à quai (ou presque) tandis que, comme un écho aux expérimentations des ZAD, se déployait un cortège plus radical, dont la «diversité des tactiques» s’est trouvée (quasi) unanimement condamnée et que fleurissaient les appels à la répression. Il nous a semblé intéressant de revenir sur la façon dont se sont déroulés les événements et, avec le recul nécessaire, de nous demander s’il l’on ne pouvait pas voir dans le cours actuel de la reconfiguration des luttes un monde en cours d’invention, perpétuelle espère-t-on, et porteur d’espoir…

pontegniesDans un discours d’une heure trente, le lundi 9 juillet 2018, M. Macron, président de la République française, présentait « ses priorités pour l’année à venir ». Nous n’avons pas manqué d’être frappés par le fait qu’au cours de son allocution M. Macron a plaidé en faveur d’un « capitalisme populaire retrouvé ». Il est apparu utile de revenir sur cet oxymore (doublé d’une contre-vérité historique), d’une part parce qu’il est étonnant, mais sans doute révélateur d’un certain état de l’époque, que puisse être passée relativement inaperçue une telle énormité. D’autre part, parce qu’elle nous donne l’occasion d’énoncer quelques données que nombre d’« observateurs » (on parle de la presse) ont pour le coup perdu de vue…

pontegniesL’institutionnalisation des mouvements protestataires (altermondialistes, environnementaux, syndicaux ou sociaux) est un processus objectif et objectivable. Leur volonté de perdurer – dans le champ contestataire qui est le leur – les conduit à adopter des stratégies, c’est-à-dire à saturer leur espace propre de leur discours, de leur logique, de leurs pratiques… Ce qui ne va pas sans susciter des paradoxes, qui vont du financement et de l’organisation fortement hiérarchisée des dits mouvements au couplage, au moins temporaire, avec les instances stratégiques contestées. Comme lors de la préparation des actions de contestation, lorsque se déroule cette étrange opération conjointe de quadrillage sécuritaire de l’espace par les services d’ordre des uns et par les forces de l’ordre des autres. Pourtant, continûment, quelque chose, une part d’insaisissable, continue de s’échapper, de fuir. Ce sont les tacticiens, les « sauvages », qu’il faut sans doute écouter pour ce qu’ils disent, dans leur langue souvent étrange : que l’on peut encore respirer un parfum d’espoir ?

blanchetFace aux hégémonies ou aux tentations monolingues, le sociolinguiste Philippe Blanchet pointe la nécessité de défendre et développer le plurilinguisme, l’idée qu’il faut accepter comme normal le fait de parler plusieurs langues, et pas seulement les langues de prestige comme l’anglais ou le français, toutes deux fortement hégémoniques. Cet entretien est aussi l’occasion d’examiner notre rapport à l’anglais, son rôle et ses usages sociaux et les moyens d’atteindre une véritable diversité linguistique.

paveauDe quelles manières les technologies numériques et les dispositifs qui organisent les discours en ligne influencent-ils nos manières de parler, échanger ou écrire ? Marie-Anne Paveau est professeure en sciences du langage à l’université de Paris 13, chercheuse spécialisée dans l’analyse des discours numériques. Elle répond à nos questions pour indiquer ce que les «nouvelle » technologies font au langage et nous éclairer sur les transformations de ce dernier nées avec la conversion numérique d’une grande part de nos interactions. Tout en rejetant l’idée d’une domination spécifique de la technique.

mawetFrédérique Mawet occupe aujourd’hui le secrétariat général de ChanGements pour l’égalité (CGé), un mouvement sociopédagogique qui prend une part très active dans les débats sur notre enseignement. Psychologue de formation, elle a voué son engagement professionnel à son désir d’être en constante interaction avec les réalités sociales, celles des plus démunis en particulier. Avec elle, nous avons discuté des grands défis à relever pour construire l’école de demain. Elle nous livre aussi l’analyse nuancée de son mouvement sur le très décrié « Pacte d’excellence », nom de la réforme de l’enseignement prévue en Belgique francophone pour les années à venir…

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